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Renaissance, Diversité et Progrès notre journal constitue un de nos moyens de communication et de débat principal. Il a pour vocation d'offrir une tribune à des analyses faite par de jeunes, spécialisés dans un domaine particulier d'étude, ou engagée dans un mouvement. Nous souhaitons qu'il y soit présenté différents points de vues hors de toutes considérations partisanes pour qu'un débat de fonds puis vivre à travers notre club, non seulement en son sein et ses membres, mais également avec les autres courants de pensées qui font la richesses de notre démocratie. Les différents articles publiés seront affichés sur le blog. 

Renaissance, Diversité et Progrès n°2

Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 20:13

Par Pierre-Yves Rougeyron, président du Cercle Aristote, licencié es droit, licencié es sciences politique de l'université Paris II Panthéon-Assas, diplomé de l'IHEI

Les deux premières années de magistrature de Nicolas Sarkozy ne semble pas avoir caractérisé de rupture dans la tendance à affaiblir notre outil de défense. Au delà d'un bilan succinct dont chaque point mériterai des développements trop longs pour être exposés ici, il convient de discerner les questions qui devront être affrontées pour l'avenir de notre défense national.

La rationalisation des armées est une tendance lourde depuis 1981. Le livre blanc avec sa volonté affichée de supprimer entre 38000 et 42000 emplois civils et militaires va dans ce sens. Les efforts qu'il consent au secteur du renseignement ont semblé inadéquats aux officiers supérieurs ainsi qu'aux organisations syndicales qui ont souligné a raison que la puissance d'un système de renseignement n'est puissant qu'en raison de la puissance des structures civils et militaires qui réagissent aux informations qu'il traite comme le montre la liste des plus célèbre services de renseignement (FSB, Mossad, MI-5, MI-6 ou les treize agences américaines dont les plus importantes (NSA, CIA, FBI)).

La faiblesse des investissements et la difficile prévisibilité du renouvellement de notre matériel rendent difficile toute vision optimum de l'état de nos armes. Malgré les objectif de la LOLF il est difficile d'avoir une vision claire de l'usure des engins ou des investissements à prévoir (sauf les plus évident comme le second porte avions). Cela donne court aux rumeurs les plus folles comme celle qui affirme que le tiers des équipements défilent le 14 juillet serait impropres au service en opération.

Les rapports entre les militaires et le pouvoir semble également s'être tendu. Les mauvaises relations entre le Président et certains membres de son États-major, ou le renvoi sans procédure contradictoire (ce qui fur d'ailleurs soulevé par les tribunaux administratifs) du professeur Aymeric Chauprade du collège interarmées de défense rajoute au sentiment de mépris dont souffre une partie du corps militaire. Le fait que la gendarmerie soit passée sous le contrôle du ministère de l'intérieur et que le ministre de l'intérieur ait été accusé par des délégué d'UNSA police de vouloir et d'encourager la constitution de milice de sécurité privées constituent d'autres signes de malaise non dénuées d'effets sur l'institution militaire ainsi que sur l'ensemble de nos forces de sécurité.

Enfin la réintégration dans le commandement intégré de l'OTAN, même si il est un legs de l'administration Chirac marqua au yeux de beaucoup de pays du monde un ralliement d'un pays demeuré libre à une institution en crise, dépourvu d'ennemis, dont le fonctionnement en fait le bras armé de la politique américaine. Notre politique arabe, nos positions en Asie ou en Amérique latine en ont souffert. Les déclaration russe sensées nous tranquilliser ne doivent pas cacher que de la gauche patriotique russe jusqu'au Kremlin, la Franc n'a pas une politique agressive, elle n'est tous simplement plus un partenaire en matière de défense comme l'a publiquement déclaré le ministre russe des affaires étrangère et comme le souligne le relatif abandon de nos structure de commandement commune ou les reports successifs d'opérations communes particulièrement dans le domaine de la marine de guerre. Les arguments selon lesquels la France pourrait faire évoluer l'institution de l'intérieur n'engagent que ceux qui les croient, au point que Pierre Lelouche, soutien inconditionnel de la politique américaine l'a reconnu. Dans une scène international marquée par la défiance vis-à-vis des des États-Unis et ceux malgré le changement d'administration, la France apparaît comme la voix d'un camps, dont le ralliement apparaît dicté par des considérations plus idéologiques que de défense de ses intérêts.

De ce bilan en demi-teinte il faut surtout retenir les questions auquel nous seront confronté dans l'avenir.

La première est celle de la double commande. En effet la rentrée dans l'OTAN pose la question de l'autonomie de l'emploi de notre force de frappe dont l'étendue fut limité par le président Chirac à des frappe ciblées en rupture avec notre défense traditionnelles tous azimut. Il serait dangereux de se retrouver dans la situation de la Grande-Bretagne dont l'emploi de l'arme nucléaire est dans les mains du Président des États-Unis. De cette question dépend la volonté ou la non-volonté de garder une place sur la scène international et non une place par procuration.

La seconde est la transmission su savoir stratégique français et l'analyse de ceux des autres puissances. Une partie de notre savoir stratégique semble tomber en désuétude par manque d'enseignement comme l'a souligné à de multiples reprise le stratège Hervé Couteau-Bégarie. De même les écrits stratégiques étrangers sont de peu connus de nos cadres. Pour exemple on peut citer l'ouvrage opérations of low intensity bréviaire de contre-insurrection utilisé par les services américains lors des « révolutions » de l'est (Géorgie, Ukraine...). Cette ouvrage datant des années 30 n'est toujours pas traduit en français.

Ensuite vient la question de l'intelligence économique. La France possède des spécialistes parmi les meilleurs de cette discipline (Christian Harbulot, Eric Delbecque) mais ne semble pas porter l'attention qu'il mériteraient à leurs travaux. La mutation d'une partie de notre secteur de renseignement doit faire l'objet d'une véritable réflexions. Cette réflexions aurait du suivre le réunification des deux pôles du renseignement français mais n'est toujours pas engagée. Elle devra porté sur les rapports des services spéciaux avec les libertés publiques (fiches RG) ainsi que les modalités de recrutement qui devront être revues pour permettre une ouverture à des universitaires ou des chercheurs sous condition de loyalisme.

Enfin et c'est la question la plus importante qui devrait interrogé tant l'européanisation que l'otanisation de notre défense. Cette question fut magnifiquement résumé par le général de Gaulle dans une note adressée au ministre des affaires étrangère le 17 juillet 1961 : «Quand on ne veut pas se défendre, ou bien on est conquis par certains, ou bien on est protégé par d'autres. De toute manière on perd sa personnalité politique. » La baisse tendanciel des investissements militaires dans toute l'Europe (dont Edouard Balladur s'était inquiété avant les élections de 2007) soulève ce point dans un monde qui s'arme inexorablement. Or un pays ne peut vivre sans éprouver non une volonté de guerre mais une pensée de la guerre. Cette question nous renvoi autant au rôle social de l'armée qu'à notre volonté (critère de puissance selon Morghentau) d'exister.

La civilisation est faite de citadelles qui résistent écrivait Christian Combaz, l'armée en est une, espérons que nous lui laissions les moyens de le rester.

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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 20:09

Par Nicolas Saint Bris, étudiant en licence de droit à l’Université Paris 2, il est le fondateur du Cercle Étudiant des Relations Internationales et Stratégiques (www.cercle-eris.org)

Le Général de Gaulle quitte en 1966 le commandement intégré de l'OTAN, non sans essuyer un certain nombre de critiques. Son plan était de donner à la France une indépendance nécessaire au recouvrement de sa position influente au sein d'un ordre mondial bipolaire. Il s'agissait de se donner la chance de suivre sa propre voix afin de tisser les liens politiques et diplomatiques sans subir le carcan pesant de la logique de blocs.

Cette position a subi ces premiers réajustements avec la chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'empire soviétique. L'environnement stratégique de l'Alliance ayant subi une transformation fondamentale, celle ci voyait la pertinence de son existence remise en cause.

Durant les années 90, l'OTAN évolue et quitte son habit de garant de l'intégrité de l'Europe pour endosser le rôle d'un gendarme mobile. Les troupes américaines sur le vieux continent se font moins nombreuses et le nombre de vecteurs nucléaires établis aux portes du rideau de fer diminue.

Alors que les anciens satellites de Moscou frappent à la porte de l'Alliance, celle ci retrouve une raison d'être en s'engageant dans les missions de rétablissement et de maintient de la paix en ex Yougoslavie.

La vive volonté des pays d'Europe de l'Est à intégrer l'Alliance Atlantique s'explique par la volonté de s'assurer auprès de la seule hyper puissance, du caractère durable d'une indépendance fraichement acquise. Alors que l'Europe avait laissé les pays de l'Est basculé dans le giron soviétique, l'Amérique victorieuse et l'alliance qu'elle chapote sont alors les meilleurs garants de la sécurité recherché.

Avec la monté en puissance de l'Europe de la défense, une alternative concrète est ainsi  apparue. Il n'en demeure pas moins que pour nombre de pays, la meilleure assurance vie reste encore le contrat OTANien.

C'est en tenant notamment compte de cette réalité que le président Sarkozy a tenu à ce que se réalise la normalisation de la position française au sein de l'Alliance Atlantique.

En effet, le pari est que pour rassurer les acteurs d'une Europe de la défense encore en bas âge, il était nécessaire de démontrer par un acte fort que les ambitions françaises n'étaient pas de court-circuiter l'OTAN. Pour ce faire, le président de la république a choisi de rejoindre pleinement et entièrement le commandement intégré de l'OTAN.

Ce choix se veut pragmatique. Alors que la France participe déjà à 32 comités sur 34, et qu'elle participe depuis 2004 à la force de réaction rapide, le retour « plein et entier » dans le commandement doit n'être qu'une formalité.

A l'heure ou les États-Unis demandent de la part de leurs alliés un plus grand investissement, qu'en est t-il de la portée du choix français ?

La France, depuis qu'elle est devenue une grande puissance relative, a su pallier son manque de poids économique et militaire par des positions diplomatiques originales et ambitieuses. Il semble que sa place à part au sein de l'OTAN y soit pour quelque chose.


I. De vives critiques

Comme la décision du général de Gaulle à son époque, ce choix n'a pas été sans engager de nombreux débats. A gauche tout d'abord, la décision du Président Sarkozy, prise à l'époque ou le président Obama n'était pas à la maison blanche, est vue comme une nouvelle manifestation de son atlantisme aussi affiché que regrettable.

En agissant ainsi, Nicolas Sarkozy aurait bafoué l'héritage gaullien et sacrifié la sacro-sainte position spécifique dont la France bénéficie depuis le retrait de 1966. Car si la règle de l'unanimité dans la prise de décisions est en théorie une garantie pour donner tout son poids a la voix de la France il est toujours difficile d'assumer seul les conséquences d'un refus.

Ségolène Royale dénonce quant à elle une menace pour la construction de l'Europe de la Défense, comme François Bayrou, elle souligne le risque de perdre notre indépendance. Selon la candidate à l'élection présidentielle, la France bénéficie d'une voix originale lui conférant un rayonnement mondial de premier ordre. Réintégrer l'OTAN reviendrait à abandonner ce rôle de passerelle, de pont entre les différentes puissances pour rejoindre ce qui s'apparente de plus en plus au bras armé de l'Occident.

Dominique de Villepin, qui a participé aux cotés de Jacques Chirac en 1996 à des négociations pour la réintégration, critique aujourd'hui la position de l'Élysée et met en garde contre la pression américaine qui peut s'avérer terrible. Comme le rappelle Jean Pierre Chevènement, le droit de dire non au sein de l'alliance est en réalité « un fusil à un coup », la capacité d'opposition de la France face à ses alliés souvent acquis aux vues américaines en est ainsi grandement limitée.

Pour d'autres, ce choix entraine un risque de fuite des cerveaux au bénéfice des comités de l'OTAN. En effet, pour de nombreux officiers français, les différends commandement constituent « une opération extérieure sans le risque de mourir au combat », c'est à dire des postes intéressants et très lucratifs.

On le voit, sous de nombreux angles, la décision du chef de l'État peut paraître une erreur lourde de conséquences, surtout alors que les États-Unis ont déclaré attendre un plus grand investissement de la part de leurs alliés.


II. Un choix judicieux


Alors que l'administration Bush a réussi à faire haïr les États-Unis par la quasi totalité de la planète, il semble que l'arrivée du président Obama à la maison blanche ait quelque peu inversé la tendance. Quoi qu'il en soit, l'espoir d'un changement a traversé les frontières.

Il n'est donc pas illogique d'émettre un signal visible dans la direction de cette nouvelle administration dont le désir de renouer des liens solides avec l'Europe s'est manifesté par la venue d'Hillary Clinton à Bruxelles.

De plus, comme il l'a déjà été dit, pour certains pays d'Europe de l'Est, l'Europe de la défense ne peut se construire qu'à la condition de ne pas interférer avec le bon fonctionnement de l'OTAN. Sachant que les questions de défense sur le vieux continent ne soulèvent pas encore de consensus digne de ce nom, il est judicieux de rassurer nos partenaires européens quant aux intentions de la France. Le poids de la France peut ainsi en sortir renforcé notamment face au refus britannique d'installer un centre de commandement européen à Bruxelles.

La réintégration permet ainsi de signifier à nos voisins, que l'Europe de la défense n'a pas vocation à être le relais de la puissance d'une France nostalgique d'une grandeur passée, souhaitant fondre ce qui lui reste d'influence dans un projet où elle aurait une place à part. La normalisation remet les pendules à l'heure et rappelle que la France ne peux revendiquer seule l'idée d'une Europe puissance.

D'un point de vue plus technique, ce choix si controversé est une bonne nouvelle pour l'industrie d'armement française.  Les équipements militaires de l'OTAN sont soumis à des normes communes afin de favoriser l'interopérabilité. Certains partenaires qui hésitaient à acheter français voient donc certaines craintes se dissiper. Cela s'ajoute à la décision du gouvernement de porter à 20 milliards les investissements dans les commandes d'équipement militaires pour l'année 2009.

Bien qu'il ne faille pas négliger le risque potentiel d'une diminution de portée de la voix de la France à travers le monde, la réintégration ouvre une nouvelle ère. Sans abandonner la position originale et indépendante qui fait la force de la diplomatie française, il convient aujourd'hui de développer une influence au cœur de l'Alliance. En intégrant le commandement de l'OTAN, le nombre de français au sein de l'organisation doit passer de 100 à 800. La vision française et sa pensée stratégique s'en trouveront diffusées de l'intérieur. Ceci est d'autant plus encourageant lorsque l'on sait que le commandement allié trans-formation, chargé de l'élaboration de la doctrine stratégique de l'Alliance, sera surement donné à un français.

On le voit, la réussite de la réintégration passe avant tout par un investissement réel au sein de l'Alliance afin que la voix française trouve un écho auprès de ses alliés les plus proches. Le rayonnement de la France ne dépend pas de son degré d'intégration dans une alliance qui se veut de plus ne plus souple, mais bien dans sa capacité  à tirer parti d'un multilatéralisme positif, une émulation stratégique basée s coopération. 

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